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La valorisation rationnelle d’une crypto-monnaie

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La valorisation d’un actif est depuis toujours facteur de l’offre et la demande. Les crypto-monnaies n’échappent pas à cette règle. Leur particularité réside dans le faite que, de nos jours, il est difficile, voire impossible de les valoriser objectivement.

La valorisation subjective

Lorsqu’une personne lambda décide d’investir, elle se tourne tout naturellement vers les influenceurs, notamment les youtubeurs, et aux médias ou à des proches pour dénicher les « bons investissements ». Or, ces personnes ont souvent très peu d’experience en finance et leurs estimations sont très peu objectives.

Vu l’historique assez restreint de ces actifs, il existe de nos jours que très peu de méthodes objectives pour valoriser les crypto-monnaies, comme celle des NTV et celle de l’équation d’échange.

Leur inconvenient principal est qu’elles sont facteur des volumes transactionnels qui sont artificiellement gonflés, vu le manque d’encadrement des bourses de change crypto et surtout ne prennent pas en compte le facteur spéculatif.

L’analogie entre les actions en bourse et les crypto-monnaies

Afin de palier ce manque, Benjamin Merchin, jeune ingénieur francais passionné de crypto-monnaies, propose ce qu’il appelle la « méthode de valorisation rationnelle » basée sur l’analogie entre le marché des crypto-monnaies et celui des actions boursières après avoir passé un an à étudier ce nouvel écosystème.

Pour valoriser les crypto-monnaies, il dresse les parallèles suivants :

Actions BoursièresCrypto-monnaies
Une actionUn Token
Quantité d’actionsNombre de Tokens
Valorisation = Prix de l’action X Quantité d’actions émisesValorisation = Prix du token X nombre de tokens émis

Merchin nous explique que « pour pouvoir calculer la valorisation des crypto-monnaies de manière juste, on a besoin de repenser ce que l’on considère comme la masse monétaire en circulation. Habituellement les réserves de l’entreprise ou des fondateurs sont non comptabilisés. Dorénavant on considérera tous les tokens existants comme faisant partie de la masse monétaire en circulation. »

Il rajoute qu’il faut « distinguer entre les tokens utilisés à des fins spéculatives, soit l’immense majorité, et ceux utilisés à des fins non-spéculatives. »

La première étape consiste à l’évaluation de la variation annuelle de tokens dans la masse monétaire spéculative de la crypto-monnaie. Celle-ci est la somme des trois indicateurs suivants selon Merchin :

Tokens détruits Tokens échangés Nouveaux tokens générés
Exemple : destruction des frais de transaction ou d’une part des bénéfices en tokens générés.Exemple : plus d’utilisateurs verrouillent des tokens pour accéder à un service ou en ont dans leurs porte-monnaie.Exemple : tokens de récompense pour les mineurs qui font fonctionner la blockchain.

Cette somme présente beaucoup de similitudes avec les résultats d’une société classique :

  • Dans le cas d’un bénéfice. Ce dernier est généralement distribué aux actionnaire via des dividendes ou au biais d’opérations de rachats d’actions, deux mécanismes qui induisent généralement un effet positif sur le cours de l’action. Dans l’univers des crypto-monnaies, la rémunération des associés se fait via des mécanismes de destruction et de rachat de tokens qui ont le meme effet sur le prix des tokens.
  • Dans le cas d’une perte, une société traditionnelle contracte des dettes ou émet des actions pour équilibrer ses finances. Dans l’univers crypto, cela est assimilable à l’ajout de tokens dans la masse monétaire spéculative, par exemple la distribution de nouveaux tokens en échange d’un travail fourni notamment le minage.

Tels que les résultats d’une entreprise sont répercutés sur sa capitalisation boursière, ceux d’une société crypto sont répercutés sur sa masse monétaire spéculative. Comme en bourse, une grande partie de la valorisation est due à la spéculation de résultats futurs.

Par ailleurs, une crypto-monnaie est généralement assimilée à une entreprise sans actif distribuant ses résultats via des dividendes. En effet, si la crypto-monnaie était amenée à faire faillite, il ne serait pas possible de tirer des revenus de la vente des actifs de l’entreprise, tels que des biens immobiliers ou du matériel puisqu’elle n’en possède pas. Ceux-ci représentent pourtant souvent une part significative de la valorisation des entreprises classiques.

A partir de cette analogie, il est donc possible d’utiliser des méthodes de valorisation boursières traditionnelles sur les crypto-monnaies.

La valorisation par multiple de dividendes (de rachat de tokens)

Sur le marché des actions boursières, il est estimé que les dividendes annuels représentent 3% de la valorisation d’une société à long terme. En transposant cette hypothèse au monde des crypto-monnaies et en la combinant à la variation de la masse monétaire spéculative on peut en déduire la capitalisation de la crypto-monnaie. Par exemple, 3 M$ en tokens détruits par an et une attente de 3% de rendement impliquent, dans le cas où il y a uniquement une masse monétaire spéculative et pas d’autres mécanismes de variation des tokens, une valorisation de 100 M$.

Une méthode intéressante qui montre que la grande majorité des crypto-monnaies et des ICOs sont sur-évalués de l’ordre de 70% ou plus lors de leur émission.

Le BNB coin émis par Binance – leader des crypto-bourses – semble etre une exception à la règle. En 2018 Binance a racheté et brulé 85 M$ de tokens. Selon la règle des 3% sa valorisation devrait etre de 2.8 Milliards ( 85M / 3% ). Sa valorisation actuelle étant de 3.3Milliards, la part speculative est donc estimée à 500 millions de dollars, soit 15% de sa capitalisation.

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