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Paris: le bitcoin présenté à la France insoumise

Pantheon à Paris

La position de l’extrême gauche par rapport au bitcoin a fait l’objet d’un vif débat à Paris hier soir suite à une présentation de Jacques Favier, auteur de Bitcoin: monnaie acéphale. L’évènement s’est déroulé devant une quarantaine d’adhérents de la France insoumise à l’Ecole nationale supérieure dans le cinquième arrondissement.

« L’algorithme de bitcoin présente de nouvelles opportunités pour démocratiser et aplatir le système monétaire, » explique M. Favier devant un public curieux et réceptif. « En même temps, cela permet à tout un chacun de se désengager monétairement de son entourage; cela me paraît dangereux, » riposte une voix parmi l’assistance.

« Une splendeur intellectuelle »

Cet échange résume bien les deux faces de l’extrême-gauche en France – la première, traditionnelle, étatiste et soucieuse de mettre en place des mécanismes de répartition de richesses par le biais des institutions républicaines. Et puis l’autre, beaucoup plus révolutionnaire, souhaitant un changement beaucoup plus radical, voire expérimental pour mettre fin à un système de gouvernance qu’elle estime rigide et dépassé.

La présentation de Favier est précédée par celle de Laurent Feller, universitaire et historien, qui passe en revue une histoire de la monnaie et qui fait valoir une observation qui se trouve à l’origine de cette scission: « Historiquement, la monnaie est au coeur-même de tout contrat social. » 

Ce même contrat est mis en cause par la preuve du travail, l’algorithme de consensus qui permet au réseau bitcoin de fonctionner sans tiers et donc sans contrat aucun. Autrement dit, le bitcoin est un système monétaire qui constitue une vraie rupture historique; rupture qui se manifeste maintenant au sein de ce public insoumis.

« En effet, le bitcoin, pour ses créateurs, oui, il s’agit probablement d’un projet de ré-appropriation, d’un projet anarchiste, voire libertaire … pour faire régner un nouvel ordre non-autoritaire , » explique Favier. « Les libertaires, ne veulent-ils pas la suppression de l’état? » répond un autre participant, « ce qui risque peut-être de supprimer l’ordre lui-même. » 

Les convaincus du bitcoin sont nombreux, les réticents aussi. Le débat termine, donc, sans épilogue pour un phénomène dont les implications restent inconnues. « Quoi qu’il en soit, » conclut Favier, « le bitcoin est toujours à ses débuts, et pour l’instant cela reste une splendeur intellectuelle sur le plan technologique qui est toujours dans sa phase expérimentale, »

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