Avec la montée récente des taux d’intérêt, l’achat d’un logement en France pourrait devenir un rêve de plus en plus difficile à atteindre. Bérengère Dubus, secrétaire générale de l’Union syndicale des intermédiaires de crédit (UIC), s’inquiète de ce qu’elle qualifie déjà de « crise du logement », qui pourrait bientôt se transformer en une « crise sociale et politique ». Dans cet entretien, elle aborde la question brûlante de l’augmentation des taux d’intérêt.
Une montée inexorable des taux
Selon l’Observatoire crédit logement/CSA, les taux d’intérêt ont atteint 4,08 % sur vingt-cinq ans en août dernier. De nombreux experts estiment que la barre des 5 % pourrait bientôt être franchie. Est-ce inévitable ?
« Oui, nous nous dirigeons effectivement vers ces 5 %. Actuellement, je peux encore proposer des taux allant de 3,97 % à 4,83 % sur vingt-cinq ans, selon la banque et le profil du client », explique Bérengère Dubus. « Ce qui fait la différence, c’est le profil de l’emprunteur, ses revenus, son statut. Il est fort probable que nous nous situions entre 4,30 % et 5 % pour les primo-accédants et les classes moyennes dans les mois à venir. Malheureusement, ces taux plus élevés touchent généralement les jeunes et les classes moyennes, ce qui constitue une double peine. »
Les causes de cette hausse
La Banque centrale européenne (BCE) vient d’annoncer une nouvelle augmentation de ses taux directeurs à 4 % pour lutter contre l’inflation. « Cela aura un impact sur les banques, car elles empruntent sur des marchés directement liés à ces taux directeurs », précise Dubus.
Quand espérer une baisse des taux ?
« La perspective de voir les taux baisser est liée à l’inflation, ce qui signifie que cela prendra du temps », note Bérengère Dubus. « Cependant, ils finiront par redescendre. Même si les acheteurs contractent actuellement des prêts à des taux élevés, ils auront toujours la possibilité de renégocier à la baisse ultérieurement. »
Elle rappelle qu’en 2009-2010, les crédits étaient souvent accordés à des taux de 5 %, et beaucoup ont pu les renégocier à la baisse en 2017-2018. « Bien que la situation actuelle puisse sembler décourageante, il y a de l’espoir pour les emprunteurs à l’avenir. »
La situation actuelle du marché immobilier en France pose des défis importants, en particulier pour les jeunes et les classes moyennes. Toutefois, la possibilité de renégocier les taux à la baisse dans le futur offre une lueur d’espoir pour ceux qui souhaitent devenir propriétaires. Il est essentiel de rester informé et de se préparer à ces fluctuations pour naviguer au mieux dans ce contexte économique incertain.